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La robotique au service des seniors

Parler à ses proches par visioconférence, avec sa télévision en guise d’écran
et une télécommande simplifiée: telle est l’une des applications du projet que développe la Fondation suisse pour les téléthèses à Neuchâtel.

«Porte 5!» Grâce au double-clic sur un bouton intégré dans l’appuie-tête de son fauteuil électrique qu’elle effectue avec son oreille et à une puce placée dans chaque porte de son appartement, Béatrice Renz, atteinte de sclérose en plaques depuis 1986, évolue de manière plus autonome dans son espace privé. L’ancienne patineuse teste ici la quatrième version du programme James, conçue par la Fondation suisse pour les téléthèses (FST), en lien avec d’autres partenaires.
Basée à Neuchâtel, l’institution met depuis 1982 la technologie au service des handicapés physiques, mentaux ou polyhandicapés, avec déjà plus de 400 appareils sur mesure, créés par elle ou d’autres. Aujourd’hui, la fondation sans but lucratif travaille en parallèle sur une variante allégée de James4, destinée aux seniors.
Le développement du prototype est déjà financé. Quant à l’industrialisation de James4, quelque 267 000 francs des
600 000 francs nécessaires doivent encore être trouvés.

Elio: solution d’avenir

Avec en toile de fond, la problématique du vieillissement de la population, la FST planche également sur un autre programme: Elio, une sorte de Skype* simplifié et accessible depuis la télévision. «Il n’y a pas suffisamment de places en EMS, déclare Michel Guinand, directeur de la FST. Il faut donc trouver des solutions, afin de favoriser le maintien à domicile.»
Exemple? Confortablement installée dans son salon, Sophie (80 ans) regarde sa télé, équipée pour recevoir des téléphones. Sur son écran, un message se superpose à l’image: «Service d’aide à domicile: avez-vous pris vos médicaments?», avec la possibilité pour Sophie de répondre de vive voix, de reporter ou de refuser l’appel, à l’aide d’une télécommande ultra simplifiée. «Les personnes âgées ayant parfois de la peine à utiliser les nouvelles technologies, il s’agirait de doter la télécommande d’un minimum de boutons, idéalement au nombre de trois, précise Michel Guinand. Chaque message serait accompagné d’un rappel visuel sur l’écran de la touche à utiliser pour exprimer son choix.»

Améliorer la communication

L’idée, on le devine, est de réduire le nombre de visites à domicile des services de soin, donc les coûts des collectivités publiques. Comme James4, le projet est d’ailleurs élaboré en lien avec plusieurs d’entre elles: les cantons de Berne, Jura Neuchâtel, la région Nord-vaudois, Pro Senectute Arc jurassien, l’association Alzheimer Suisse, ainsi que le service de soins à domicile de Neuchâtel. Pour l’heure, le canton de Vaud manifeste son intérêt. «L’objectif n’est pas de remplacer totalement l’humain, ce qui ne serait d’ailleurs pas souhaitable, tempère le directeur de la FST. Mais simplement d’alléger la démarche du personnel d’aide à domicile et d’offrir des possibilités de communication pour les personnes âgées. Naturellement, pour celles qui le souhaitent.» Car l’équipement permettra également de recevoir et d’envoyer des appels pour lancer des visioconférences avec sa famille, son entourage et l’extérieur, en général.

*Skype: logiciel qui permet de téléphoner gratuitement n'importe où dans le monde en quelques minutes, d’ordinateur à ordinateur, et de voir votre interlocuteur

Sandrine Fattebert Karrab

30.04.2013

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