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Etre à la page, mais la bonneNotre société véhicule parfois des images toutes faites. Ainsi, les jeunes sont à la page,...
Edito
Etre à la page, mais la bonne
Notre société véhicule parfois des images toutes faites. Ainsi, les jeunes sont à la page, les anciens à la rue. C’est le cas notamment en matière de technologie, où le monde a l’air d’être divisé en deux catégories. Comme si les seniors étaient incapables de comprendre l’intérêt de la modernité! Allons donc: ma maman a 74 ans. Elle a un téléphone portable depuis belle lurette et envoie des SMS aussi bien que moi. Internet, elle l’utilise presque quotidiennement sur son ordinateur pour y lire les messages de sa sœur, de ses amis ou faire des recherches sur différents sujets. Certes, comme beaucoup de ses contemporains, elle répugne encore à faire ses paiements via l’informatique. Parce qu’elle craint un peu pour la sécurité de ses versements, mais aussi parce qu’elle déteste qu’on lui force la main. Et, à l’inverse, parce qu’elle aime toujours aller à la Poste, ne serait-ce que pour y rencontrer des êtres humains. Oui, ma maman est à la page, mais n’en oublie pas pour autant certaines valeurs et ne rejette pas tout ce qui vient du passé simplement parce que c’est dépassé aux yeux de certains.
Quand je vois ces couples au restaurant, chacun plongé dans la lecture des nouvelles sur son téléphone portable dernière génération, incapables de dialoguer ou si peu, je me dis que le progrès peut vite devenir synonyme de tyrannie. Si être à la page signifie se couper du monde réel, ne plus être capable d’apprécier des joies simples comme une balade dans le val d’Hérens, la découverte d’une exposition de peinture comme celle que nous offre Martigny avec Modigliani, je préfère – excusez l’expression – passer pour un vieux con! Ou plutôt être capable de garder mon libre arbitre. Et me dire qu’il y a des choses bonnes à prendre, que ce soit dans le progrès, dans le domaine médical par exemple, ou dans le passé.
Bonne lecture.
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