

Conservez vos pieds en bon état de marche
Ils sont souvent mal traités. Talons aiguilles, souliers mal adaptés ou incapacité physique à soigner ses pieds. Les podologues constatent les dégâts.
Dire qu’ils sont nos principaux soutiens! Mais plutôt que de les cajoler, certains les torturent ou les ignorent carrément. Le résultat: des cors, des oignons, des mycoses, des ongles incarnés et des déformations, tous synonymes de douleurs lancinantes. A ce stade, il ne reste plus qu’à pleurer et à prendre rendez-vous chez le podologue ou le médecin.
Podologue? L’appellation est nouvelle. En Suisse romande, c’est de Fribourg que la révolution est venue. Histoire de différencier les soins esthétiques et ceux destinés à soulager le patient, il a été décidé de séparer les pédicures des podologues. Enfin presque, puisque certains cantons n’ont rien trouvé de mieux que de proposer deux options pour définir la profession relevant du paramédical.
Si Genève, Fribourg et Vaud désignent désormais un podologue par ce seul et même mot, le Valais, Neuchâtel et Jura laissent le choix entre podologue et pédicure-podologue. De quoi perturber certains patients, raison pour laquelle les associations faîtières mènent une campagne d’information pour faire connaître leur profession.
L’enjeu est important. Comme le relèvent Sylvie Nicolet, déléguée de la section vaudoise et son homologue neuchâteloise, Magali Philippin, la situation sur le front des jolis petons ne s’est donc guère améliorée, malgré toutes les recommandations. Le port quotidien de talons aiguilles surcharge l’avant du pied et cause parfois des déformations impressionnantes qui nécessitent carrément une intervention chirurgicale. Idem pour les souliers pointus ou à semelles compensées. A l’opposé, on a vu chez des adolescents l’apparition d’oignons dus à des baskets toujours délacées. Dans certains cas, le podologue ne peut qu’aiguiller le patient chez un médecin, voire un chirurgien.
La nécessité d’une bonne hygiène
Mais d’aucuns ne peuvent pas grand-chose à leur malheur. Dans les cas de sudation extrême, le développement de mycoses est fréquent. Seules précautions à prendre, éviter les matières synthétiques, privilégier les chaussures en cuir où le pied respire mieux et changer chaussettes et souliers plusieurs fois par jour.
Les podologues sont habitués à donner ce type de conseils comme d’autres, plus basiques, tels que se laver les pieds quotidiennement, bien les sécher et les enduire de crème, notamment les talons, mais pas entre les orteils.
Une dernière catégorie qu’on ne saurait négliger, celle des personnes impotentes qui se trouvent dans l’incapacité physique de soigner leurs pieds. Quelques-unes ont la chance d’être aidées par un proche mais elles sont peu nombreuses. Bref, ne serait-ce que pour se couper les ongles, il faut parfois passer entre les mains d’une podologue, la profession étant presque exclusivement féminine. Et composée en majorité d’indépendantes qui vivent bien de leur métier. Détail utile: l’assurance de base ne rembourse pas ces soins et une séance coûte entre 80 et 100 francs.
On peut évidemment se demander pourquoi des jeunes femmes choisissent de consacrer leur vie professionnelle aux pieds des autres. Mais là où beaucoup imaginent des effluves, des peaux abîmées et des déformations, Sylvie Nicolet et Magali Philippin ont une vision résolument optimiste: «C’est fantastique de pouvoir soulager des gens.»
www.podologues.ch
Jean-Marc Rapaz
31.01.2012


