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Pas de retraite pour les impôts!

Son activité professionnelle terminée, le rentier voit logiquement ses revenus diminuer. Il imagine que ses impôts vont baisser dans la même proportion. Ce n’est pas le cas.

Pourquoi l’équation ne s’équilibre-t-elle pas? Si les rentrées d’argent à la retraite sont logiquement plus faibles – elles se voient généralement amputées de 30 à 40% selon que l’on vit seul ou en couple – le revenu imposable, lui, peine à diminuer. Finie l’époque où les déductions faisaient fondre ce montant comme neige au soleil. Si beaucoup ont déjà dû se résigner à faire un trait sur les déductions liées aux enfants à charge, la fin de l’activité professionnelle marque encore une nouvelle étape dans leur vie de contribuable. Et pas forcément des plus agréables... «Souvent, les rentiers sous-estiment cet aspect, constate Patrice Dupont, planificateur financier à la Banque cantonale de Fribourg. Ils ne se rendent malheureusement pas toujours compte que les impôts ne baissent pas proportionnellement à leurs revenus.»

Chaque situation est spécifique

Au grand jeu des allégements fiscaux, le retraité ressort-il toujours perdant? La cessation de la vie active coïncide irrémédiablement avec la fermeture des vannes des frais professionnels. Plus moyen de justifier des déplacements liés à sa fonction, ni même les repas pris à l’extérieur. Exit également la possibilité de rachat d’années de cotisation auprès du 2e pilier, tout comme l’investissement dans un 3e pilier.
Patrice Dupont s’est penché sur la question en prenant l’exemple d’un couple marié fribourgeois. Le salaire des époux, ajouté à la valeur locative de leur bien immobilier et le revenu de leurs titres, portait leurs revenus à 116 000 francs. Ils bénéficiaient alors des remises suivantes: déduction pour la caisse maladie pour un couple dans le canton de Fribourg, soit 8260 francs, des intérêts hypothécaires à 2% sur un prêt de 350 000 francs, des frais d'entretien forfaitaires à 20% de la valeur locative, des frais professionnels, de la déduction des primes 3a et 3b, et du forfait concernant les frais d'administration de titres (voir tableau).
Une fois à la retraite, cette liste se limite aux déductions pour la caisse maladie, aux intérêts hypothécaires, aux frais d'entretien ainsi que les frais d'administration des titres. «Chaque situation est spécifique et singulière, concède Patrice Dupont. Mais, en l’occurrence, cela représente une diminution des retranchements à la retraite d’environ 16 000 francs.
La baisse du revenu imposable attendue est donc souvent moins importante qu’escomptée.»
Une question se pose encore au moment de la retraite: comment utiliser son 2e pilier? Le mode choisi a effectivement des conséquences sur les impôts. Et la situation est complexe. Une des mesures d’optimisation fiscale consiste en la comparaison de la charge fiscale entre le choix «rente LPP» à 100% et une prise partielle ou totale du capital. Tout dépendra du montant de l’avoir vieillesse de la caisse de pension et, respectivement, de la rente allouée. En effet, le taux marginal fiscal peut rester très élevé, même à la retraite!
Si la prévoyance professionnelle est prise en rente, celle-ci viendra naturellement s’ajouter aux autres revenus pour le calcul de l’impôt. «C’est pourquoi le choix de la prendre en partie sous forme de rentes, en partie sous forme de capital (au minimum 25% de l’avoir vieillesse de la LPP obligatoire) est souvent la solution retenue, relève Patrice Dupont; elle permet une certaine diversification de ses revenus.»
Une certitude: les impôts ne nous laissent jamais de retraite!

Conférence «Pas de retraite pour les impôts» samedi 2 juin à 15 h, à Bulle au salon Questions d'âge en
préambule à l'intervention de M. Pascal Couchepin

Frédéric Rein

01.05.2012

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