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Alimentation: pas de cadeau pour les célibataires

Dans les supermarchés, les bonnes affaires riment trop souvent avec les grosses quantités. Au moment de faire ses courses, la personne seule n’y trouve que rarement son compte. Et ça ne risque pas de changer. Un groupe de consommateurs sont partis faire le test dans une Migros à Morges (VD).

«Le rabais de masse constitue une pratique commerciale vieille comme le monde, mais qui – semble-t-il – a trouvé son apogée en Suisse», relève et déplore à la fois Mathieu Fleury, secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs (FRC). Effectivement, il n’y a qu’à compulser les publicités faites par les grands distributeurs ou se promener dans les rayons des géants de l’alimentation suisse pour constater le mécanisme. Pour profiter de prix bas, il faut le plus souvent acheter par grosses quantités. Pizzas par emballage de quatre, spätzli frais vendus par trois fois
500 grammes, viande hachée «soldée» au kilo, clémentines à moins 33% par paquet de 2 kilos, les promotions sont destinées aux familles, et encore. Les personnes seules sont contraintes d’avoir les yeux plus gros que le ventre.
La situation a-t-elle une chance d’évoluer? Mathieu Fleury est plutôt pessimiste: «Au niveau politique, il n’y a pas grand-chose à faire. Notre combat porte, en revanche, sur des prix justes, basés sur la réalité des coûts, et donc des baisses durables pour tous les produits, et qu’on arrête avec toutes ces promotions auxquelles personne ne comprend rien.» Mais là aussi, le combat est loin d’être gagné. Une récente étude de Credit Suisse montre pourtant que, en moyenne, les prix suisses en matière d’alimentation sont de 37% plus élevés que dans les pays voisins. Certes, les taxes, les coûts de personnel et autres ne sont pas les mêmes, mais cela n’explique pas tout. Faut-il pour autant aller faire ses courses à l’étranger, en France voisine? Sans le déconseiller, Laurence Margot, diététicienne des Ligues de la santé, recommande de bien faire ses calculs. Outre le fait que cela prend du temps, il faut tenir compte des frais de déplacement. Et des limites d’importation légales.
En attendant, pour en revenir au sujet des grosses quantités imposées aux consommateurs, on relève le non-intérêt des deux grands distributeurs suisses. Porte-parole de Migros Suisse, Martina Bosshard reconnaît que «les promotions se concentrent souvent sur les volumes. Mais elles existent aussi pour la vente en vrac des fruits et légumes ou dans la vente de poisson au comptoir. Des fois, on peut aussi trouver des produits moins cher quand ils doivent être consommés bientôt.» De fait, en se promenant dans les rayons en fin de journée, on remarque en effet un certain nombre de clients guettant l’arrivée du boucher et du poissonnier qui viennent étiqueter des rabais conséquents
sur des produits, dont la date de consommation touche à sa fin. Reste que, là encore, le plus souvent, la barquette de poisson ou de viande renferme rarement une monodose. Et pas question de demander à un vendeur d’ouvrir l’emballage, afin de prendre une plus petite quantité, comme l’explique Raymond Gander, porte-parole, lui, de Coop Suisse: «Pour des raisons d'assurance qualité, il n'est pas possible d'ouvrir des produits préemballés et d'en vendre des composantes.»

Pas le choix, on congèle

Le consommateur est donc obligé de recourir au congélateur. Au final, et à moins de disposer d’un gros bahut, l’armoire de réfrigération se remplit donc très vite, surtout si l’on dispose juste d’un minicongélateur intégré au frigo. Pas vraiment la solution idéale, donc, même si certains produits (lire ci-contre) se conservent ainsi très bien.
A ce chapitre, les produits bruts congelés ne sont pas inintéressants. Souvent moins chers, ils gardent la plupart de leurs atouts nutritionnels et ne contiennent pas les agents conservateurs et le sel qu’on trouve dans les boîtes. Les gastronomes relèveront, eux, que ces aliments n’ont jamais la saveur des produits frais.

Capital de bien s’alimenter

On en revient à la question de base: comment faire pour bien s’alimenter sans péjorer par trop son budget quand on est célibataire? Il serait en tout cas faux, pour une question d’argent, de renoncer à certains produits: manger correctement est capital pour la santé, à tout âge. Ainsi, à la retraite, les seniors se doivent de maintenir un régime varié diversifié comprenant aussi des fruits et des légumes. «Il ne s’agit pas de vivre plus longtemps, mais de maintenir la qualité de vie», insiste Laurence Margot. Or, à partir de 75 ans, le message nutritionnel se modifie légèrement et porte sur l’importance des protéines. Là, il devient primordial de continuer à en consommer suffisamment, afin de conserver sa musculature. Se contenter d’une simple soupe ou d’une tartine constitue une erreur de poids. Si, avec les années, l’envie de viande diminue pour diverses raisons, on peut trouver des protéines dans les œufs, le fromage ou encore le poisson, voire le tofu. Même le célibataire doit tenir compte de ces conseils nutritionnels. Reste à utiliser au maximum les bons trucs (lire encadré) au moment de ses achats. Et peut-être à s’entendre avec des voisins pour des achats groupés afin de bénéficier ainsi des actions de quantité. Essayez, cela en vaut la peine!

Jean-Marc Rapaz

04.03.2014

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